Le musée de la Chasse et de la Nature rouvre ses portes

Après deux ans de fermeture pour cause de travaux, le musée de la Chasse et de la Nature, qui dépend de la Fondation SOMMER, va rouvrir ses portes le 3 juillet, à l’occasion de la nuit des Musées.
Ce Musée était l’une des volontés de François SOMMER. « Je désire que les divers objets qui m’appartiennent ne soient pas vendus, ni dispersés à ma mort et à celle de ma femme… », écrivait-il en 1972, un an avant sa disparition. Au total, au départ, ce sont quelque 2075 objets, armes, tableaux de premier ordre, qu’il avait rassemblés, et qui avaient trouvé leur place dans l’Hôtel de Guénégaud.
François et Jacqueline SOMMER n’ont jamais voulu en faire un conservatoire, mais davantage un « cabinet de curiosités », à la manière de ceux que fréquentaient les esprits éclairés du XVIIIème siècle. Les salles étaient éclectiques, denses, réussissant à conserver un caractère très intime… Les parcours correspondaient à une époque, celle où André MALRAUX prônait la « confrontation des cultures »… Mais, François SOMMER avait déjà pleinement conscience du manque de place. Il avait pensé alors à acquérir l’hôtel particulier voisin, l’hôtel de Mongelas. Son vœu sera exaucé plus de trente ans après sa mort, avec un nouveau musée inauguré en 2007, offrant au visiteur une muséographie plus aboutie, tout en gardant une atmosphère intimiste. Un succès puisque le musée n’avait jamais accueilli autant de visiteurs.

Puis, sous l’impulsion de Philippe DULAC, l’ancien président de la Fondation François SOMMER (qui vient tout juste de passer la main à Henri DE CASTRIES), il s’est encore agrandi de 250 mètres carrés. Encore une fois, il n’a pas été question de renoncer à l’identité du lieu en tant que « maison du chasseur », tout en répondant aux interrogations du grand public par rapport à la chasse. Bref, l’exercice a été de tenter de trouver une perspective qui intéresse le plus grand nombre (et donc éviter une exposition trop conventionnelle et répétitive du patrimoine du musée), de dévoiler ses trésors sans faire l’inventaire des techniques de chasse.
Disons-le tout net : l’ensemble est plutôt réussi, même si certains changements peuvent surprendre. Dorénavant, le parcours (qui s’agrémente d’un café et d’une librairie) est réparti entre deux étages, avec un redéploiement des collections. Choix d’éclairage, de vitrines, de cartels, tout a été repensé pour le visiteur. Au premier étage, il découvrira les acquisitions récentes du Musée, et des œuvres jusque-là conservées en réserve. Que les cynégètes se rassurent : ils pourront toujours admirer les somptueuses œuvres de CHARDIN, de DESPORTES, d’Alfred DE DREUX, de Carle VERNET, sans oublier une collection d’armes exceptionnelle, rare et unique témoignage du génie industrieux de l’homme et de l’Histoire tout court, et la salle des trophées qui place le visiteur devant l’incarnation du monde animal.

C’est au deuxième étage, sous les combles, que les nouveautés – avec force œuvres contemporaines – sont les plus spectaculaires – voire surprenantes : elles se veulent plus esthétiques que techniques, en mettant en avant les nouveaux rapports entre l’homme et l’animal, « dans une évidente continuité avec les préoccupations originelles de la Fondation François SOMMER ». Il n’empêche : certains chasseurs pourront être déstabilisés en découvrant des salles placées sous la « tutelle symbolique d’une personnalité au rôle précurseur dans la compréhension ou la sauvegarde de la nature dès le XIXème siècle », tel que DARWIN, VON UEXKÜLL et Aldo LEOPOLD, sans oublier une « expérience sensorielle » et une bibliothèque en… plumes. Souhaitons seulement que cette volonté d’attirer un nouveau public, que cette « confrontation des cultures » ne conduise pas à réduire la chasse à un passé lointain.

Adresse :
62 rue des Archives, 75 003 Paris
Site officiel